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Résumé : Une narration géopolitique séduisante dépeint actuellement le jeu entre la Chine et les États-Unis comme une répétition de l'histoire, où les États-Unis, confrontés à une anxiété stratégique, se tournent vers l'ancienne puissance dominante, le Royaume-Uni, qui leur transmettrait ses anciennes ruses pour contenir la puissance montante. Cet article vise à déconstruire ce cadre narratif captivant mais trop simpliste. Il soutient que cette « théorie du complot impérial » interprète mal non seulement la dynamique réelle des relations modernes entre le Royaume-Uni et les États-Unis, mais néglige également les intérêts fondamentaux du Royaume-Uni en tant qu'empire financier. En analysant les analogies historiques, en réévaluant les motivations stratégiques du Royaume-Uni et en introduisant la voie de l'« autonomie stratégique » de la France comme référence, cet article propose qu'une perspective de réalisme structurel révèle mieux la nature du jeu des grandes puissances contemporaines. Ce jeu n'est pas motivé par des secrets historiques ou des mentors en coulisses, mais découle du transfert de la structure du pouvoir mondial, des changements de paradigmes technologiques et des interactions complexes entre les acteurs qui cherchent à maximiser leurs propres intérêts sous la pression systémique. |